MÉTHODE PennHIP®

La méthode Penn HIP® est un examen radiographique relativement nouveau permettant de déterminer une dysplasie de la hanche. Par rapport à la méthode FCI couramment appliquée en Europe, la méthode Penn HIP® permet un dépistage précoce de la dysplasie de la hanche et une évaluation différenciée des articulations coxo-fémorales.

La dysplasie de la hanche est l’affection orthopédique héréditaire la plus fréquemment rencontrée chez le chien. Contrairement à de nombreuses autres maladies génétiques, la dysplasie de la hanche n’est pas causée par un seul, mais par plusieurs gènes modifiés – la dysplasie de la hanche a donc une origine génétique multifactorielle. Les gènes impliqués n’ont malheureusement pas encore pu être suffisamment identifiés, de sorte que l’on ne dispose pas encore de tests génétiques permettant d’accoupler de manière ciblée des chiens d’élevage. Outre la prédisposition héréditaire, les facteurs environnementaux tels que l’alimentation et l’activité du chien ont un impact sur les caractéristiques et la gravité de la dysplasie de la hanche. Au regard des nombreux facteurs différents qui impactent le tableau clinique, la dysplasie de la hanche est considérée comme une maladie multifactorielle.

Étant donné qu’il n’existe pas de tests génétiques jusqu’à présent, on doit se baser sur l’évaluation de l’aspect (phénotype) du chien pour l’appréciation de la valeur génétique de l’animal en ce qui concerne la dysplasie de la hanche. Pour de nombreuses races, la méthode FCI prescrit un examen radiographique standardisé pour estimer l’état de santé de la hanche.

Dans la méthode FCI, les chiens sont examinés à l’âge de 12 à 24 mois en fonction de la race. Les patients sont radiographiés sous anesthésie, les membres en hyper extension, de sorte que les fémurs soient parallèles. Cette position peu naturelle est à la base de l’évaluation du taux de dysplasie de la hanche sur les radiographies.

Radiographie standardisée des hanches selon la méthode FCI

Le vétérinaire évalue l’apparence de la tête fémorale et de l’acétabule et de leur congruence. Par ailleurs, il mesure l’angle dit de Norberg qui est de 105 degrés et plus sur un chien ne souffrant pas de dysplasie de la hanche. Il est ainsi possible de distinguer cinq niveaux de gravité, de A (pas de dysplasie de la hanche) à E (grave dysplasie de la hanche).

Illustration: BVA/KC scoring mode for CHD (Flückinger)

Le fait que les chiens doivent être pratiquement adultes lorsqu’ils sont examinés selon la méthode FCI présente de nombreux inconvénients. Le résultat de l’examen de dysplasie de la hanche sur un chien prometteur arrive très tard, souvent trop tard pour planifier un élevage. Par ailleurs, la méthode FCI ne permet pas de distinguer les facteurs génétiques des facteurs environnementaux lors de l’évaluation des hanches. Enfin, un dépistage précoce fiable est également souhaitable pour la prise de certaines mesures thérapeutiques.

QU’ENTEND-ON PAR PENN HIP® ?

La méthode Penn HIP® est un examen radiographique de la dysplasie de la hanche relativement nouveau, mis au point par l’Université de Pennsylvanie dans le cadre du Pennsylvania Hip Improvement Program (Penn HIP) et largement répandu aux USA. En 2013, la société Antech imaging services (AIS) a acquis tous les droits sur la méthode et la banque de données correspondante.

Dans le cadre de la méthode Penn HIP®, on recense en premier lieu la laxité coxo-fémorale dans une position que l’on trouve naturellement. La laxité est une propriété de l’articulation coxo-fémorale qui est principalement héréditaire et n’est pas soumise à l’influence de facteurs environnementaux. Cette propriété est donc appropriée pour estimer la valeur génétique des chiens en ce qui concerne la transmission héréditaire de la dysplasie de la hanche.

TROIS RADIOGRAPHIES SONT RÉALISÉES DANS LE CADRE DE LA MÉTHODE PENN HIP®

1. Une vue en position « classique » - extension neutre.

2. Une vue « en compression » dans laquelle les têtes fémorales sont recentrées dans les acétabules pour évaluer le degré de congruence coxo-fémorale.

3. Une vue « en distraction » qui sert à mesurer la laxité des hanches.

Pour la vue en distraction, un distracteur est placé entre les cuisses de l’animal. Lorsque le vétérinaire appuie les jambes du chien contre le distracteur, la tête fémorale est « déplacée en dehors » de l’acétabule. Plus c’est possible, plus le degré de laxité des hanches est élevé et plus la probabilité qu’un chien souffre d’une dysplasie de la hanche est grande. L’indice de distraction constitue le paramètre de laxité de l’articulation coxo-fémorale.

Articulation coxo-fémorale comprimée à gauche, articulation coxo-fémorale dis tractée à droite
Calcul de l’indice de distraction (source : AIS Penn HIP®)

L’indice de distraction est calculé par mesure sur la vue en distraction de la distance entre le centre géométrique de la tête fémorale et le centre géographique de la cavité acétabulaire et par division de ce segment par le rayon de la tête fémorale. L’indice peut varier entre 0 et 1,0. Jusqu’à un indice de distraction de 0,3, la probabilité que le tableau clinique de la dysplasie de la hanche se développe est extrêmement faible. Sur les races comme le barzoï ou le lévrier, un tel indice de distraction est courant. Sur ces races, le tableau clinique de la dysplasie de la hanche ne se développe généralement pas durant la vie du chien.

En revanche, si les valeurs sont plus élevées, il faut s’attendre à l’apparition d’une dysplasie de la hanche et à des dégénérescences correspondantes des articulations (arthroses).

Coxarthroses (arthroses des hanches)

SUR QUELS CHIENS DOIT-ON FAIRE UNE RADIOGRAPHIE PENN HIP® ?

  • Sur les chiens de compagnie dans le cadre d’un examen médical préventif. Le propriétaire de l’animal souhaite faire estimer la tendance de son chien au développement d’une ostéoarthrose à la suite d’une dysplasie de la hanche. Ceci peut être particulièrement important car l’intervention précoce et la modification des facteurs environnementaux (notamment de l’alimentation) peuvent retarder l’apparition des symptômes de la maladie jusqu’à trois ans.

  • Sur les chiens d’élevage car la méthode Penn HIP® permet un dépistage précoce de la dysplasie de la hanche sur de jeunes chiens à partir de 16 semaines. Ceci permet aux éleveurs d’une part de choisir des chiens d’élevage dont les hanches sont en bonne santé, d’autre part de soigner les chiens de compagnie souffrant d’une maladie de la hanche à un stade précoce de manière à éviter le tableau clinique de la dysplasie de la hanche. Il est cependant extrêmement important de garantir que les chiens traités ne soient jamais utilisés pour l’élevage car ils peuvent bien entendu transmettre les gènes comme auparavant.

  • L’examen précoce (à partir de 16 semaines) est également intéressant pour les propriétaires d’animaux orientés vers le sport ou pour les propriétaires de chiens qui doivent suivre une formation intense et onéreuse (par ex. les chiens d’aveugle, les chiens de chasse, les chiens sportifs).

Il va de soi que les chiens plus âgés peuvent également être soumis à un examen selon la méthode Penn HIP®. La méthode Penn HIP® est déjà très répandue aux USA.

LES VUES SONT-ELLES EVALUÉES OFFICIELLEMENT ?

Les images sont exclusivement évaluées officiellement. Les radiographies sont envoyées directement et sous forme numérique au centre d’évaluation de AIS Penn HIP® et le propriétaire de l’animal reçoit un certificat faisant état du résultat et de l’indice de distraction des deux hanches de son animal. À l’aide de cet indice, il est possible de déterminer statistiquement la probabilité que le patient souffre plus tard d’une arthrose coxo-fémorale sur la hanche respectivement touchée.

Exemple d’un certificat individuel après évaluation et comparaison avec les valeurs de la banque de données (source : AIS Penn HIP®)

COMMENT L’EXAMEN PENN HIP® EST-IL RÉALISÉ ?

Comme pour l’examen connu de la dysplasie de la hanche selon la méthode FCI, les examens Penn HIP® sont réalisés sous anesthésie. L’examen proprement dit n’est pas douloureux et n’entraîne aucune séquelle.

SYNTHÈSE PENN HIP®

  • Jusqu’à 80 % des chiens qui sont classés exempts de dysplasie de la hanche au moyen de la radiographie officielle de la hanche effectuée selon la méthode FCI couramment utilisée en Europe affichent en réalité un indice de distraction trop élevé et présentent ainsi une dysplasie de la hanche moyenne ou élevée.

  • Un examen précoce des articulations coxo-fémorales à partir de 16 semaines avec la méthode Penn HIP® permet par contre de détecter une dysplasie de la hanche congénitale à un stade précoce et avec une grande probabilité.

  • Le fait pour le propriétaire d’un animal de savoir à un stade précoce si son chien a ou non une dysplasie de la hanche lui permet de prévenir ou de traiter le plus rapidement possible les conséquences de cette maladie comme les douleurs et l’arthrose.

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